| jeudi 21 février 2008, a 10:47 |
| Les pervers |
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Une histoire du peuple des pervers, ces «êtres maudits»
Interview d'Elisabeth Roudinesco
Ce qui caractérise la perversion ce n'est pas d'être dans le mal, c'est de jouir du mal. Autrement dit, certains criminels – qui font le mal – ne sont pas pervers parce qu'ils n'en jouissent pas. Il y a aussi des pervers qui jouissent du mal sans être spécialement des criminels, et qui finissent par jouir du bien. La figure est réversible
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par Pierre Assouline
Aussi étrange que cela puisse paraître, il n'existait pas à ce jour d'histoire des pervers en librairie. Non une histoire de la perversion, déjà étudiée par les psychanalystes, mais bien des pervers qu'ils fussent appelés anonymes, misérables, minuscules, infâmes, antiphysiques ou pervers. C'est dire si l'essai historique d'Elisabeth Roudinesco La part cachée de nous-mêmes (229 pages, 18 euros, Albin Michel) était espéré sinon attendu. De nos jours, l'adjectif est aussi galvaudé que le nom et il courant que “perversité” soit employé en lieu et place de “perversion”. Celle-ci a la particularité de pouvoir être considérée comme sublime ou abjecte selon l'angle de vue : artistique, créateur ou lystique, et donc fécond, il est sublime ; mais lorsqu'il n'aboutit qu'à la satisfaction d'une pulsion de mort, il est abject. On voit par là que l'affaire est risquée pour celui qui se lance dans une anthopologie culturelle du bonheur dans la destruction, cette jouissance du mal que l'on s'inflige ou que l'on fait subir à l'autre dans un débordement de sens. Dans une langue très fluide exempte de jargon médical ou psychanalytique, Elisabeth Roudinesco montre bien comment la perversion est cette chose chachée en nous que nous refusons de voir, la face nocturne de l'homme.
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